Une exposition à Mens...

L' ASSOCIATION "SOUS LES TILLEULS" accueille

NILS UDO

"récoltes" 27 photographies de pièces éphémères

Espace Culturel de Mens du 24 avril au 16 mai 1999
jeudi et vendredi de 15h à 18h - samedi et dimanche de 16h à 19h

"Dans un paysage donné, j'amplifie et je mets en forme un certain état de nature en n'utilisant que des matériaux naturels trouvés...
Rassembler les possibilités spécifiques de ce paysage-là, en cette saison-là, les condenser, les fondre en un point unique, une sorte d'apothéose de cette saison-là, de ce paysage-là."
NILS UDO

Cette action reçoit le soutient de la Direction Régionale des Affaires Culturelles, du Conseil Général de l'Isère, en collaboration avec l'École d'Art de Grenoble, le Parc naturel régional du Vercors et le Syndicat d'Aménagement du Trièves.

NILS UDO a d'abord été un classique peintre de paysage, jusqu'au jour de 1972 où il eut le sentiment d'aboutir à une impasse. L'impérieux besoin se fit sentir de troquer ses tubes de peinture contre des couleurs et des formes "concrètes", celles des matériaux naturels.
C'est les mains vides que NILS UDO aborde son sujet : il réorganise, souvent avec un telle discrétion que l'œuvre passe tout d'abord inaperçue, les éléments qu'il trouve sur place...

Les formes géométriques, notamment le cercle, figure de totalité, jalonnent les paysages de NILS UDO. A l'inverse du quadrilatère, le cercle se dérobe aux tentatives de mise en perspective. Comme l'a si bien montré Erwin Panofsky, la mise au point du système perspectif de représentation correspondait à une phase historique d'émergence de l'homme comme centre du monde : tout le paysage s'orientait en fonction du point de vue de l'observateur...

Lorsque NILS UDO fait appel à la perspective, c'est pour en déjouer les implications "autoritarismes". Quand de "sculpteur" il devient "architecte paysagiste", dans le cadre d'amples projets d'aménagement, il utilise parfois la forme du triangle ; celui-ci devient une flèche pointant vers le ciel...

Compte-tenu du caractère éphémère de ses oeuvres, NILS UDOa développé une activité parallèle de photographe. Il accorde un soin infini au choix des cadrages, des points de vue, des distances... à tel point que la photographie de la sculpture constitue, pour lui, une oeuvre à part entière. L'activité de sculpteur de NILS UDO ressemble beaucoup, dans son principe, à l'activité d'un photographe : les matériaux qu'il déplace et arrange viennent ponctuer le paysage qui les environnent et oriente la lecture ; il tente de dégager le caractère caché, comme une photographie met en évidence, par son cadrage, tel ou tel élément d'un ensemble :
"Dans un paysage donné, j'amplifie et je mets en forme un certain état de nature en n'utilisant que des matériaux naturels trouvés... Rassembler les possibilités spécifiques de ce paysage-là, en cette saison-là, les condenser, les fondre en un point unique, une sorte d'apothéose de cette saison-là, de ce paysage-là." NILS UDO

De prime abord, l'activité compulsive de NILS UDO peut faire penser à celle d'un enfant qui, dans le secret d'une clairière ou au bord d'un ruisseau, construit une cabane ou collectionne les feuilles de toutes les couleurs. C'est que l'enfant et l'artiste partagent ici leur enthousiasme et leur émerveillement devant la nature aux infinies métamorphoses. L'humilité des interventions de NILS UDO, fragiles et éphémères, parfois à peine discernables, ne doit pas faire oublier qu'elles participent d'une attitude globale, d'une prise de position face à la société : il tente avec les moyens les plus modestes de restaurer chez l'homme, la conscience de son union intrinsèque avec le cosmos.

Extraits (signés Delphine Renard) de la plaquette réalisée à la suite du travail effectué à Equevilly par NILS UDO, invité par l'association "Art in Situ" à l'automne 85.